mercredi 27 juillet 2016

L'insoutenable légèreté de l'être

Arte a eu la bonne idée de diffuser hier soir ce film de Philip Kaufman (1988), d'après l’œuvre de Milan Kundera. 


Tomas (Daniel Day-Lewis), jeune et brillant neurochirurgien, multiplie les conquêtes. Parmi elles, Sabina (Lena Olin), une artiste avec qui il cultive une amitié érotique et une complicité intellectuelle. Au hasard d’un déplacement en province, il tombe sous le charme de Tereza (Juliette Binoche, sublime!) une jeune serveuse qu’il finit par épouser. Marié, il ne met pourtant pas un terme aux relations qu’il entretient avec ses maîtresses et tandis que les chars russes entrent à Prague, Tereza supporte de plus en plus mal les frasques de son époux. 


Roman de Milan Kundera, Gallimard (1984)
Plus que les autres romans de Kundera, celui-ci est un roman d'amour. Tereza est jalouse. Sa jalousie, domptée le jour, se réveille la nuit, déguisée en rêves qui sont en fait des poèmes sur la mort. Sur son long chemin, la jeune femme est accompagnée de son mari, Tomas, mi-Don Juan, mi-Tristan, déchiré entre son amour pour elle et ses tentations libertines insurmontables. Le destin de Sabina, une des maîtresses de Tomas, étend le tissu du roman au monde entier. Intelligente, asentimentale, elle quitte Franz, son grand amour genevois, et court après sa liberté, d'Europe en Amérique, pour ne trouver à la fin que " l'insoutenable légèreté de l'être ". Jamais peut-être chez Kundera, la gravité et la désinvolture n'ont été unies comme dans ce texte. La mort elle-même a ici un visage double : celui d'une douce tristesse onirique et celui d'une cruelle farce noire. Car ce roman est aussi une méditation sur la mort : celle des individus mais, en outre, celle, possible de notre vieille Europe.

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