mercredi 23 mars 2016

Bonjour beau rossignol sauvage

Oiseau passériforme (passereaux) de petite taille, au chant très harmonieux, le rossignol ordinaire ou philomèle niche dans les bosquets et les fourrés.






A propos, le mot "oiseau" est le plus petit mot de la langue française contenant toutes les voyelles et le plus long mot dont on ne prononce aucune des lettres : [o], [i], [s], [e], [a], [u].)



Pour en revenir au rossignol, je me souviens encore des paroles d'une chanson que, dans mon enfance, un professeur de musique nommé Larchet et surnommé Bitos, nous apprenait en s'accompagnant d'un harmonium portable :


Bonjour beau rossignol sauvage,
Vers quel pays avais-tu fui ?
Je te croyais mort en voyage
Dans le  combat de Gibraltar.
Mais tu reviens chanter ici,
Oiseau volage,
En entendant ton chant la nuit,
Mon cœur frémit.

Ah monsieur quelle gentillesse
D'avoir gardé mon souvenir,
En retour je fais la promesse
D'habiter tout l'été ici.
En votre honneur, ô doux serment,
Je chanterai mes belles chansons,
Le jour, la nuit, dans les buissons. 


Si quelqu'un en sait plus sur cette vieille chanson, je suis preneur.

***

Merci à Marina de m'avoir permis de trouver les paroles originales de cette chanson dans les "Mémoires et souvenirs" de Frédéric Mistral, au chapitre XV  intitulé "Jean Roussière" :



- Bonjour, gai rossignol sauvage, 
Puisqu’en Provence te voilà ! 
Tu aurais pu prendre dommage 
Dans le combat de Gibraltar 
Mais puisqu’enfin je t’ai ouï, 
Ton doux ramage, 
Mais puisqu’enfin je t’ai ouï, 
M’a réjoui. 

– Vous avez bonne souvenance,
Monsieur, pour ne pas m’oublier ; 
Vous aurez donc ma préférence, 
Ici je passerai l’été, 
Je répondrai à votre amour 
Par mon ramage 
Et je vais chanter nuit et jour 
Aux alentours. 

– Je te donne la jouissance, 
L’avantage de mon jardin ; 
Au jardinier je fais défense 
De te donner aucun chagrin, 
Tu pourras y cacher ton nid 
Dans le feuillage 
Et tu te trouveras fourni 
Pour tes petits. 

– Je le connais à votre mine, 
Monsieur, vous aimez les oiseaux ; 
J’inviterai la cardeline. 
Pour vous chanter des airs nouveaux. 
La cardeline a un beau chant, 
Quand elle est seule ; 
Elle a des airs sur le plain-chant 
Qui sont charmants. 

Jusque vers le mois de septembre 
Nous serons toujours vos voisins. 
Vous aurez la joie de m’entendre 
Autant le soir que le matin. 
Mais lorsqu’il faudra s’envoler 
Quelle tristesse ! 
Tout le bocage aura le deuil 
Du rossignol. 

– Monsieur, nous voici de partance ; 
Hélas ! c’est là notre destin. 
Lorsqu’il faut quitter la Provence,
Certes, ce n’est pas sans chagrin. 
Il nous faut aller hiverner 
Dedans les Indes ; 
Les hirondelles, elles aussi, 
Partent aussi. 

– Ne passez pas vers l’Amérique. 
Car vous pourriez avoir du plomb 
Du côté de la Martinique 
On tire des coups de canon. 
Depuis longtemps est assiégé 
Le roi d’Espagne : 
De crainte d’y être arrêtés, 
Au loin passez. 

"Il s'agit là de l’œuvre de quelque illettré contemporain de l’Empire et, à coup sûr, indigène de la rive du Rhône, ces couplets naïfs ont du moins le mérite d’avoir conservé l’air que Magali a fait connaître..."

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