jeudi 3 janvier 2013

Chemin de fer Congo-Océan

Décidée en 1921 par le gouverneur général Augagneur, la construction du CFCO, ainsi qu'on l'appelle au Congo, fut poursuivie et achevée par le gouverneur Antonetti en 1934.
Construit par 127.25O travailleurs forcés, il est jalonné de cimetières et on dit qu'il a tué un "adulte mâle" par traverse. Le bilan officiel annonce 14.1OO morts. 

"… voyageur, si un jour tu prends le chemin de fer qui mène du grand fleuve à l’Océan, écoute attentivement le claquement des roues sur les rails car chacun d’eux, chaque tac-tac, dénombre un mort ; alors pense un peu à tous ces hommes ensevelis dans ces montagnes où tu passes et rappelle-toi qu’ici il y a un mort pour chaque traverse. Cela aidera peut-être leur âme à dormir en paix."
Emmanuel Dongala, Le feu des origines

Le CFCO relie le port maritime de Pointe-Noire au port fluvial de Brazzaville par un parcours de 510 kilomètres qui traverse le massif particulièrement accidenté du Mayombe. C'est l'un des chemins de fer les plus célèbres d'Afrique. Il est indispensable à la circulation des personnes et des marchandises, là où le fleuve n'est pas navigable et où la route souffre des saisons. Chaque convoi de marchandises est vital pour l'économie congolaise...


... et chaque voyage est une attraction.








La célèbre gare de Pointe-Noire


Un arrêt en brousse

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Merci pour cet extrait littéraire, mais il conviendrait de le modérer.
Le fait de dénombrer un mort par traverse était une image forte, destinée à marquer les esprits à l'époque de la décolonisation. Mais fausse !
On aurait alors dû déplorer environ 500 000 morts, au lieu des 15-20 000 décès (ce qui est déjà énorme) retenus par les historiens.
La bonne image serait donc de 40 morts au km. Mais c'est moins poétique...

Fabrice

Jungle Jim a dit…

Bonjour Fabrice et merci pour votre commentaire.
Vous qui êtes "fan" du Congo-Brazza, je vous suggère la lecture du roman de Dongala dont le héros fut le premier mécanicien-conducteur de locomotive indigène du CFCO. Les enfants l'avaient surnommé Mapepe, le Vent, tellement ils étaient impressionnés par le tourbillon d'air que la longue colonne de wagons laissait derrière elle. Et les adultes lui avaient donné le nom de Massini, l'homme à la Machine.
Quant au nombre de morts lors de la construction de la voix ferrée, il y en eut de toutes façons beaucoup trop... Des pauvres bougres Tchadiens (ils ont donné leur nom à la gare des Saras...) et d'Oubanguiens que l'on avait fait venir à plus de 2000 km de chez eux pour travailler un un chemin de fer dont ils ne comprenaient pas l'utilité, sont morts seuls, abandonnés... Les a-t-on comptés ?